Expedition Mission Beach

02/09/2006 - Pays : - Imprimer ce message

 Donc, c'etait parti pour etre un joli week end.. petite pause entre deux recherche de travail. Mais voila, pluie torentielle qui n'en fini plus et avec nos bons vieux pneus (oui maman, jles change bientot, promis!!), on ne se sentait pas de braver le deluge tropical! Premiere nuit et reveil sous les gougouttes... bah oui, le toit de Poppy que l'on "depope" et qui se souleve est en toile, et la toile imbibee, ca fait des fuites.. plus les joints des portes qui fuient, c'etait pas la maree haute, mais bon! Du coup, a 2h du mat' nous voila avec Pascalou en train de braver le deluge pour fixer la bache sur le toit, histoire de limiter les degats.. ca a tenu ce que ca a tenu.. pas trop mal koi! Je suis juste ressortie plus tard pour la refixer un peu, juste le temps de revenir super trempee!

 

On a donc profiter d'une bonne grasse matinee: ouvert un oeil, fait pas beau, on se retourne et on se rendort.. et puis acalmie, on va faire un ptit tour dans la ville, c'est mignon (meme sous la pluie!), quelques ptits restos qui font bar aussi.. du coup on se pause prendre un cafe et de papotage en papotage, il est l'heure de manger. On reste donc la et on se paye un vrai repas chaud (youhou!!!) et comme trois nenettes dans un coin paume ca ne passe pas inapercu, on se retrouve vite avec quelques ptits gars qui se joignent a la conversation. Du coup, on a rencontre Al, un aborigene qui te reconforte un peu sur leur situation actuelle..

 

Il faut dire qu'a Innisfail, on a fait "la connaissance" de Dougie. C'est l'aborigene comme on en voit pas mal et comme on les imagine quand on associe leur histoire avec celle des indiens d'amerique: ce mec est toujours, toujours, toujours defonce. Alccolique certainement, drogue aussi, souvent. Il fait assez peur quand meme. C'est un des ptits allemands qui nous l'a presente: Dougie adore squatter au Backpacker et tout les backpackers l'aiment bien: pris en pitie surtout, bref, il ne voulait pas que l'on ai peur si on le rencontrait au detour des toilettes... Dougie a ce facies si particulier des aborigenes: la peau tres sombre, les yeux enfonces qui leur donnent un regard tres noir, les cheveux et la barbe en bataille, des haillons plus que des fringues... Bien sur, Steeve, le manager et proprio du back n'aime pas le voir trainer la, et Dougie est interdit de sejour au back sous peine d'un mois de prison ferme. Alors, chacun a leur tour, les ptits backpackers viennent parler avec lui et essaient de lui faire comprendre qu'il ferait mieux de partir avant le retour de Steeve, et Dougie, inlassablement, pioche les bouts de megots dans le cendrier pour s'en faire une cigarette et il te regarde de ses yeux sombres, vaseux et absents et te dit d'une voix etrangement calme et profonde:"c'est ma terre mon frere, c'est ma terre.. c'est ma terre..." ... et la, toi, petit francais, allemand, irlandais, coreen, australien, quelque soit ta nationalite, tu regardes tes chaussettes et tu ne fais pas le fier. 

 

Al, c'est autre chose. Lui, il travaille, refuse de toucher l'aide gouvernementale allouee aux aborigene qu'il deteste parce que "ca rend son peuple oisif et faineant". Il travaille avec et pour les australiens blancs, refuse tant la violence physique que verbale et "ne veut pas faire payer a ses freres blancs les erreurs qu'on faites leur parents", lui, il apprend a ses enfants a pecher le crabe de terre avec les main, a allumer un feu dans le bush et a reconnaitre les herbes, il leur apprend les rituels aborigenes et sa langue et il les encourage surtout a entrer a l'universite pour avoir une place dans ce pays qu'ils doivent partager. Ce mec, il nous a fascine, on aurait aime discuter plus longuement avec lui et tout, en savoir plus.. mais voila, la moitie des australiens du bar etant en repos le lendemain, le leitmotiv de la soiree c'est "faut k'je boive!", qui dit boisson, dit bien souvent baston.. on est rentrees sans l'avoir retrouve, lui qui est parti essaye de raisonner ces grands couillons d'australiens qui ne savent pas s'amuser. Trop nul!

 

Le lendemain on a profite d'une acalmie pour mettre le cap sur Bowen, un de ces lieux mytique de fruitpicking... en esperant qu'il y en ai des tas, en australie des Al qui pechent et qui chassent, qui apprennent a leurs enfants a pardonner et a s'integrer, a ne pas devenir un Dougie, vaseux, errant, sans but, tristement.
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Par crispol
le 10/09/2006 à 12:54:36
Bijour tite Clem !!

Bon ben j'vois que quelque soit le continent, à chacun ses ouailles désoeuvrés, exclues, conquises... C'est aussi la grosse galère pour certains. Visiblement la stabilité professionnelle donc sociale n'a pas l'air de mise en Australie non plus !! Par certains côtés ça ferait penser à la précarité canadienne. Difficultés professionnelles, sociales ... et ethniques.

Dans 15 jours, ns ns envolerons pour la destination de Montréal avec ta mère. Nous tâcherons de rencontrer qques amer-indiens, mais je crains que ça ne soit pas très joli non plus.

Pleins d'biz
Crispol

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chapalla :)

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